Christian Poirier

Bien que n’ayant couru qu’un seul Tour de France et apparaissant comme l’un des grands espoirs du cyclisme professionnel auquel on aurait coupé les ailes, Christian Poirier né le 6 décembre 1954, ne semble avoir garder aucune amertume ou rancœur envers quiconque et certainement pas envers un milieu qui lui aura permit de vivre quelques uns des plus beaux jours de sa vie.

Question : Vous êtes encore jeune (61 ans), autant dire presque un gamin au regard des Raymond Poulidor et autre Guy Epaud ou Michel Dejouhannet. Continuez-vous à courir en tant qu’amateur au sein d’un club ?

J’ai malheureusement été obligé d’arrêter à cause d’un problème de santé. Un infarctus il y a 11 ans et la pose de deux stents. Je continue à faire un peu de vélo pour le plaisir mais je n’ai pas encore pu reprendre de licence. J’espère pouvoir en reprendre une prochainement pour pouvoir faire quelques courses comme « la Michel Grain » par exemple. L’ambiance des courses me manque.

Question: Vous avez participé au Tour de France en 1979 et poussé à l’abandon lors de la 16e étape. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience et sur les champions que vous avez pu côtoyer.

J’ai en effet été poussé à l’abandon alors que j’avais passé les Pyrénées puis une partie des alpes dans les 25 ou 30 premiers, à cause d’une bronchite. Je n’arrivais pas à respirer entre Morzine et les Ménuires. J’aurais pu avoir une autre occasion l’année précédente de faire mon premier Tour dans l’équipe Lejeune-BP mais Roger Legeay aura préféré ce qui se faisait beaucoup à l’époque ; le copinage au détriment des résultats. Michel Le Denmat me sera préféré et abandonnera le Tour en cour de route.

Question : Si vous aviez un seul regret …

Celui de n’avoir fait qu’un seul Tour de France. Mais je ne me plains pas, vous avez des coureurs qui appartiennent aujourd’hui encore à des équipes et qui ne feront jamais le Tour. J’avais encore 10 ans devant moi lorsque que j’ai quitté le cyclisme professionnel, mais cette année là 4 ou 5 équipes ont mis la clé sous la porte et nous avons été nombreux à nous retrouver sur le carreaux.

Question: Le Tour a profondément évolué ces dernières années et le français y restent profondément attachés. Vous rendrez vous à l’une des arrivée d’étape de cette édition 2016.

Sûrement oui, ça reste la plus belle épreuve au monde. Je me souviens qu’à l’époque nous étions accueillis comme des princes dans les villes et le hôtel, avec demandes d’interviews et d’autographes. C’est la plus belle mais aussi la plus dure des courses.

Question : Combien de kilomètres faisiez vous par an …

50,000 en vélo et 70,000 en voiture pour nous rendre sur les épreuves. Aujourd’hui pour aller du Tour de Belgique à celui de Lombardie on prend l’avion, mais je me souviens avoir traversé la France en voiture avec Marc Durant (5 Tours de France au compteur). Autant dire qu’au départ de la course nous n’étions pas très frais. Dans ce sens le Tour a profondément évolué, et ce n’est pas un mal.

Question: Un pronostique pour le podium à Paris ?

C’est très compliqué de faire un pronostique, il y a énormément de gens qui arrivent Christopher Froome peut-être.

Dans les années 80 nous courions 110 jours par an. Aujourd’hui certains en cours 70 et sélectionnent leurs épreuves. Çà rend plus difficile le pronostique car on a aucun repère quant à leur forme au départ du Tour. Je pense que Froome peut arriver sur le podium à Paris.

Question: Quel est selon vous votre plus belle victoire ; votre plus beau podium.

Je dirais qu’il y en a quelques unes, mais je dirais le titre de meilleur grimpeur en 1979 au Tour de Belgique, que l’on appelle à tort le plat pays. Meilleur grimpeur devant le grand Francesco Moser (250 victoires au compteur)

Question: Quel regard portez vous sur la carrière et les performances du petit jeune et régional de l’étape Sylvain Chavanel.

Sylvain est quelqu’un que j’apprécie énormément et que je côtoie régulièrement. C’est sans aucun doute le meilleur d’entre nous ; je parles là des coureurs de la Vienne.

C’est un grand champion au palmarès impressionnant. Il a su rester humble et simple malgré la pression. Il a cette capacité de se mettre au service des autres, d’une cause ou d’une équipe qui m’impressionne énormément. Il n’y a qu’à voir son attitude remarquable lors de 4 jours de Dunkerque pour apporter son soutien à Brian Coquard, son coéquipier qui gagnera l’épreuve.

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