Raymond Poulidor

Né le 15 avril 1936 Raymond Poulidor aura longtemps tutoyé les sommets aux côtés des Louison Bobet, Jacques Anquetil, Eddy Merckx ou Bernard Hinault. Et endossé le maillot d’« éternel second ».

Bien qu’il n’ai jamais remporté le Tour de France en 14 participations, ni même porté le maillot jaune de 1960 à 1977,« Poupou » aura été Vainqueur de 189 courses dont les célèbres Milan-San-Remo, Tour d’Espagne et Grand Prix des Nations. Echouant de 14 secondes à porter le maillot jaune au sommet du puy de Dôme en 1964, ou encore, de 80 centièmes de seconde face à Joop Zoetemelk, lors du prologue de 1973.

Agé de 80 ans lors de notre rencontre en 2016. celui qui doit son surnon au journaliste sportif Emile Besson qui titrera en juillet 1962, son célèbre « Vas-y Poupou ! » dans L’Écho du Centre, intervient sur le Tour de France au côté de la LCL (partenaire du maillot jaune). Nous l’avons rencontré quelques jours avant le départ de la grande boucle.

Question: Raymond Poulidor Bonjour, vous faites parti de ces rares personnalités que l’on a naturellement envie de tutoyer tant elles font partie de notre vie et de notre patrimoine.

Alors même que vous venez il y a quelques semaines de fêter vos 80 ans, qu’est ce qui vous motive encore autant aujourd’hui pour continuer ainsi à parcourir nos routes et porter aussi haut les couleurs du cyclisme hexagonal?

L’amour du vélo bien sûre. Je ne sais faire que çà et j’ai tellement de souvenir dans ce milieu que je n’ai pas envie de m’arrêter. J’en ai vu passer des coureurs et j’espère en voir encore passer longtemps.

Question: Mon fils qui fêtera ses 6ans le 30 juin prochain rêve « aujourd’hui » de devenir médecin. Peut-être finira t-il soigneur sur le Tour d’ici quelques années, mais plus sérieusement, l’avenir du cyclisme professionnel vous parait-il à ce point assuré qu’il puisse être perçu comme un déboucher crédible pour nos sportifs en herbes et champions de demain ?

Le Tour a beaucoup changé depuis les années 70. Disons pour être franc que je n’aurais peut-être pas pu faire la carrière que j’ai fais dans les conditions actuelles. On peut trouver regrettable que chaque équipe ai aujourd’hui 2 bus et 25 voitures suiveuses au détriment du nombre de coureurs mais c’est ainsi. C’est l’évolution. C’est peut-être un peu trop pour moi.

Question: Vous êtes aujourd’hui dans la Vienne pour donner le départ de la 21 ème édition de « la Michel Grain », mais aussi et surtout par amitié pour Michel Grain en personne. Vous qui êtes si longtemps passé pour l’éternel second, alors même que le tableau de vos seules victoires pourrait faire pâlir d’envie bon nombre de nos coureurs actuels: si vous n’aviez qu’une victoire à vouloir mettre en avant au cour de votre carrière exceptionnelle, qu’elle serait-elle ?

Sincèrement aucune. C’est un tout. Un ensemble. Je ne serais pas Raymond Poulidor sans mes victoires et mes défaites. Sans tous ces podiums. Milan San rémo, 4 jours de Dunkerque …… par contre si je n’avais qu’une déception, une seule, c’est d’avoir été renversé par un motard en 1968 alors que j’étais en passe de pouvoir gagner le Tour. ça oui !!!

Question: Vous serez bien évidement cette année encore présent sur les routes du Tour, du 2 au 24 juillet prochain. Vous qui êtes aujourd’hui venu  dans la Vienne en voisin, quel regard portez-vous sur la carrière de Sylvain Chavanel, le régional de l’étape ?

Ah Sylvain !!! C’est un grand coureur. Il vit actuellement une seconde jeunesse. C’est un exemple pour les jeunes coureurs, tout comme  Thomas Vokler que j’adore, même s’il n’a pas très bonne presse au sein du peloton.

Question: Vous êtes depuis de nombreuses années présent sur le Tour, et avez eu le temps de côtoyer tout ce que la planète cyclisme a pu compter de champions. Lequel vous a le plus impressionné.

Impressionné je ne sais pas, il y en a tellement … mais le plus enquiquiné, surement Anquetil ; et Merkx dans une autre mesure. J’en garde de bons et de moins bons souvenirs. C’était la course. Pour ce qui est du Tour j’en suis à ma 54e édition cette année ; ça commence à compter. Quand je ne serais plus sur le Tour ne me cherchez pas, c’est que ce sera la fin … pour moi, car le tour à encore de nombreuses et belles années devant lui.

Permettez moi juste pour finir de m’adresser à la légende et de vous dire … Merci « Poupou ».

Vous savez, il vaut mieux vivre avec des souvenirs que des légendes. Le Tour de France est la plus belle des courses. Le 5 Juillet offrez des souvenirs à vos enfants en les emmenant sur le bord des routes. Les légendes de demain sont surement dans le peloton.

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