Buxerolles

Étrange paradoxe que celui de Buxerolles, troisième commune du département de la Vienne derrière Poitiers (90 179 habitants) et Châtellerault (35 000 hab), qui aura vu sa population multipliée par 40 en à peine plus de deux siècles.

          Étrange paradoxe en effet que celui de cette ancienne bourgade de 254 hab en 1787 qui tire son nom du buis (buxus en latin) et des vignes qui couraient autrefois sur ses coteaux. Couvraient la majeure partie de ses 910 hectares et semble aujourd’hui tout faire pour se fondre chaque jour un peu plus dans l’environnement  péri-urbain de Poitiers. Au point de paraître n’en être plus qu’un faubourg.

Dieu sait pourtant que la commune ne manque pas d’intérêts.


          Les premières traces d’occupation humaine de ce qui deviendra à partir de 1226 « parochia Santi Jacob de Buxeroliis »puis Buxerol(l)es en 1296, apparaissent en 2400 avant notre ère, sur le plateau. Non loin de la zone  actuelle d’activité dite du « pas de st Jacques », ainsi nommée, en référence à l’empreinte de pas que l’apôtre bien des siècles plus tard aurait laissé sur une pierre toujours visible aujourd’hui.

          Une nécropole composée de 6 tombes sera découverte sur les lieux, ainsi que les restes plus récents (1800 -1400 avant J.C.) d’une ferme, de silos, d’un four, un métier à tisser, des pièces de céramique, des ossements d’animaux…

          Bien que situé depuis l’antiquité sur le tracé de la via Turonensis (voie romaine reliant Tours à Bordeaux), le plateau semble déserté à partir du moyen age et ne plus être fréquenté jusqu’à la moitié du XXème siècle, que par de rares pèlerins se rendant à St Jacques de Compostelle.

          Un abandon du plateau et de son relief accidenté qui se fera au profit des bords de Clain jugés plus hospitaliers. A Lessart, en contrebas de ce que l’on appelle encore aujourd’hui l’ancien bourg, où sont mentionnés des moulins dés 1077.

          Il faut attendre le XX ème siècle et la fin de la seconde guerre mondiale pour voir la commune entrer dans une ère nouvelle avec l’aventure « des castors ». La naissance d’un premier quartier, prélude à la construction d’un véritable centre ville avec sa mairie, son église, ses logements, commerces et équipements publics. Les 30 glorieuses et l’urbanisation à outrance qui verront la population passer de 1211 à près de 5 200 habitants en à peine trois décennies. Les grandes heures du bétonnage à tout crin, auxquelles viendra se substituer au début du XXI ème siècle la volonté de répondre enfin aux aspirations d’administrés en quête d’identité et de repères.

          Une prise de conscience tardive qui conduira ici comme ailleurs, la municipalité à s’intéresser et commencer enfin à mettre en valeur son patrimoine par de la création de sentiers de découverte.




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