Régine Deforges

Auteure (certaines lui préférerons le terme d’Autrice ou écrivaine) de la bicyclette bleue et de quelques ouvrages de littérature érotique entre autres genres littéraires. Régine Deforge est née à Montmorillon, dans la Vienne, le 15 aout 1935. Décédée à l’âge de 78 ans d’une crise cardiaque le 3 avril 2014, son corps repose au cimetière de Montparnasse.

Libraire, éditrice, scénariste, réalisatrice, et auteure à succès, elle a écrit plus de 80 livres dans des registres relevant du roman, des nouvelles, essais, anthologies, contes, entretiens, chroniques, scénarios, textes de chansons ou dessins. 

Fondatrice en 1968 de « L’Or du temps », maison d’édition qui la placera comme la première femme éditeur française. Régine Deforges se lancera dans la ré-édition d’un ouvrage de 1928 attribué à Louis Aragon – Le con d’ Irène-. Livre qu’elle publiera sous un titre plus consensuel: « Irène« , mais qui sera interdit à la vente moins de 48h plus tard pour « outrage aux bonnes mœurs ». Elle sera condamnée et privée de ses droits civiques. Un paradoxe en 68, mais la justice d’alors en était-elle à un près, à un moment où sur tous les murs parisiens s’affichait le slogan  » il est interdit d’interdire ».

Admiratrice de Dominique Aury (1907-1998), auteure sous le pseudonyme de Pauline Réage, « d’Histoire d’O », avec laquelle elle réalisera un livre d’entretiens: « O m’a dit » en 1995. Régine Deforges sera passée Maitre(sse) dans l’art de la littérature érotique, avec des oeuvres telles que: – Les contes pervers (adaptés au cinéma sous le titre  » les filles de madame Claude »), Lola et quelques autres (1981), Troubles de Femmes (1994), ou rencontres ferroviaires (1999).

En 1981, les éditions Ramsay souhaitant lancer une collection d’ouvrages fortement inspirés de grandes œuvres littéraires. Régine Deforges se verra accusée du plaggia  » d’Autant en emporte le vent » dans l’écriture du premier tome de La Bicyclette bleue. Un livre ayant pour héroïne une jeune fille du bordelais, Léa Delmas, et dont l’action se situera durant l’Occupation allemande.

Annoncé comme une trilogie, avec 101 avenue Henri-Martin (1983) et Le diable en rit encore (1985), à lire et relire sans modération, l’ensemble se composera au total de dix livres transportant les lecteurs du Bordelais à Cuba, en passant par la Bolivie, l’Algérie, l’Argentine et l’Indochine.

Un succès traduit en 22 langues, qui mettra Régine Deforges financièrement à l’abri, mais qui conduira les héritiers de Margaret Mitchell – auteure de  » Autant en emporte le vent » à porter plainte pour contrefaçon en 1987. Régine Deforges sera blanchit de tous soupçons en appel 6 ans plus tard.

Mère de 3 enfants tous de lits différents, Régine Déforges n’aura de cesse tout au long de sa vie, plus que d’afficher une forme de féminisme débridé. De revendiquer et assumer une modernité et une part de sexualité un brin libertine se soustrayant à la morale et aux bonnes moeurs de l’époque.

«Oui, quand je suis amoureuse, je fais des enfants», commentera t-elle en s’en amusant. «Heureusement que je n’ai pas été amoureuse trente-six fois».

Situant l’intrigue de plusieurs de ses romans sur les rives de la Gartempes qu’elle pouvait contempler du pas de sa porte, elle s’inspirera dans « Le Cahier volé » paru en 1978 de l’un des faits les plus marquant de son enfance. Le vol de son journal intime par un garçon de son âge. Elle avait alors 15 ans. Cet épisode la verra renvoyée de l’institution religieuse Saint- Martial de Montmorillon qu’elle fréquentait alors, pour avoir osé couché sur le papier son attirance pour une jeune fille de son âge.

Dénoncée par le jeune homme et sa mère bien-pensante. Contrainte de brûler ses autres cahiers, elle soldera ses comptes avec la bonne société Montmorillonnaise dans ses mémoires en 2013, intitulées « L’enfant du 15 août ». Montmorillon, petite ville du Poitou avec laquelle elle gardera un contact trés particulier, y organisant plus tard un Salon du livre.

«Dès ma petite enfance, j’ai su que je ne voulais pas de la vie de ces gens-là, je voulais être ailleurs», confiera t-elle à la sortie de ses Mémoires. «Pourtant, je suis restée attachée à cette terre. Dès que je descends à la gare de Poitiers, je sens mes racines.»

Ayant gardé le goût du patois et le souvenir de ses grands-mères, Régine Deforges écrira une serie de livres ayant pour décor son Poitou natal, dont Blanche et Lucie (l’histoire de ses grand-mères en 1976), les enfants de Blanche (1982), Sur les bords de la Gartempes (1985), ou dans un tout autre domaine  » La révolte des nonnes » (en 1981)


%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close